elle vendait des bigoudis

Publié le 6 Octobre 2013

ELLE VENDAIT DES BIGOUDIS

(A.Carriqui-JP.Robert)

cd jeanpierrerobert point net vignextrait du CD

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[audio http://angelcarriqui.files.wordpress.com/2013/06/02-elle-vendait-des-bigoudis.mp3]
C’était un faux vendredi soir, Une journée assez tristounette Et j’allais prendre mon mouchoir Quand on toqua à ma sonnette. Il est des vieux loups solitaires Qui choient jamais la bobinette Et tournent en rond dans leur tanière Équipée d’un coin kitchenette. Ce soir, d’après les prévisions, Je devais me faire cuire un œuf, J’interrompis l’opération Quand je la vis dans l’œil de bœuf, Et fus saisi par l’émotion.

Elle vendait des bigoudis, Y’en avait des grands, des p’tits De ceux pour lilliputiennes Jusqu’à ceux des bigoudènes. A voir ses formes arrondies, On restait abasourdi De persistances rétiniennes Par centaines.

Elle vendait des bigoudis, Fallait justement qu’ j’en achète, Vous tombez bien, que je lui dis Mettez-moi-z-en deux trois cagettes. Je trouve que les bigoudis verts, Ça fait moderne et dynamique Bien que la collection d’hiver Me semble plus économique. Avec son corsage entrouvert, Par réaction biochimique, On recevait de l’univers Une vision vraiment cosmique En se plaçant un peu de travers.

Elle vendait des bigoudis, Y’en avait des grands, des p’tits De ceux pour lilliputiennes Jusqu’à ceux des bigoudènes. A voir ses formes arrondies, On restait abasourdi De persistances rétiniennes Par centaines.

Au matin, elle a disparu Tandis que j’étais aux toilettes Depuis ce temps, je cours les rues Les yeux perdus dans mes bouclettes. A chaque faux vendredi soir, Je l’attends derrière ma sonnette Le cœur percé comme une passoire Qu’est passée à la moulinette. Avec tous ces bigoudis verts, Je me sens parfois ridicule Tout en vivant un vrai calvaire Parce que les jours de canicule Ça me met la tête à l’envers.

Elle vendait des bigoudis, Y’en avait des grands, des p’tits De ceux pour lilliputiennes Jusqu’à ceux des bigoudènes. A voir ses formes arrondies, On restait abasourdi De persistances rétiniennes Par centaines.

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 © texte Angel Carriqui - musique Jean-Pierre Robert

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